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27/04/2011

Navette spatiale : de plus ou moins bons et loyaux services (1)

     espace, navette, columbia, challenger, spatial, Un demi-siècle après le premier vol spatial de Gagarine, le rideau va tomber bientôt sur une autre épopée : celle du Shuttle américain. Cette navette, comme son nom l'indique, avait pour mission d'être le tramway ou le camion de l'espace, avec des allers-retours réguliers entre le sol et l'orbite terrestre. L'avant-dernier vol de l'avion spatial Endeavour est programmé pour vendredi 29 avril. L'ultime lancement d'Alantis devrait avoir lieu le 28 juin prochain.

Ce projet est fomenté à la NASA à la fin des années 60, alors que les « Allemands » – surnom quelque peu dédaigneux donné par les Américains aux ingénieurs de Wernher von Braun – règnent en maîtres sur l'astronautique des Etats-Unis. L'ancien maître de Peenemünde, qui a construit les missiles balistiques V1 et V2 pour bombarder la Grande-Bretagne durant la Seconde Guerre mondiale, a placé sur orbite le premier satellite made in USA en 1958, puis offert la Lune aux Américains avec la promenade des astronautes d'Apollo-XI le 20 juillet 1969.

Le terme « fomenté » n'est pas de trop. L'agence spatiale américaine veut construirenavette, spatial, nasa, challenger, discovery, columbia, palapa b2, astronautes un véhicule spatial 100 % born in the USA. Von Braun est placé systématiquement en dehors de ce programme, dont l'objectif est d'asseoir la primauté américaine dans l'espace face à l'Union soviétique. D'où un concept révolutionnaire à l'époque : laisser tomber les fusées, gourmandes, lourdes, onéreuses et perdues, pour un véhicule spatial entièrement réutilisable. Il doit assurer l'accès permanent à l'orbite basse – environ 350 km d'altitude –, transporter des satellites, « monter » des hommes pour travailler dans le vide, préparer l'exploration des autres planètes du système solaire. Bref, dessiner les étapes « durables » de la conquête spatiale selon la vision de la première puissance mondiale.

Le grand bond en avant

Le Shuttle est un engin fascinant. Un gros avion à aile delta – l'orbiter – est fixé à la verticale sur un réservoir externe, lui-même flanqué de deux fusées d'appoint à poudre – les boosters. Avec les trois moteurs SSME de la navette, cet ensemble propulsif lui procure l'accélération suffisante pour les deux premières minutes de vol. L'engin atteint l'orbite terrestre six minutes plus tard, effectue sa mission avec ses astronautes et sa charge utile – environ 24 tonnes – durant deux semaines maximum, puis rentre dans el'atmosphère pour se poser sur une piste d'aviation au terme d'un vol plané impressionnant. Si le réservoir externe brûle dans l'atmosphère, les boosters sont récupérés par parachutes. Nettoyé, reconditionné, réapprovisionné, l'ensemble est préparé pour une autre mission avec un réservoir neuf. L'objectif est de lancer une navette chaque semaine. Ce qui implique un total de 350 sièges d'astronautes chaque année... donc le recrutement massif de pilotes, d'ingénieurs et de scientifiques pour les 400 vols prévus.

La décision de construire la navette est prise par le président américain Richard Nixon en 1972. Plusieurs impératifs l'y poussent : cette année-là ont lieu les deux derniers vols lunaires d'Apollo, le prestige de l'Amérique est en jeu face à l'URSS, la fin du programme de vols habités pousserait des centaines de milliers d'Américains au chômage... et Nixon hors de la Maison-Blanche. L'équation n'a donc qu'une solution possible. Pourtant, d'autres projets stimulants pourraient tout aussi bien convenir pour ce grand bond en avant : une base permanente sur la Lune, le premier voyage humain vers Mars, une incursion en direction des astéroïdes... L'espace semble tendre les bras aux humains, avec les Soviétiques qui exploitent les premières stations spatiales et les Américains qui regardent vers les planètes.

(à suivre)

 

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